LES RUINES DE MONISMES
 
SOCIETE ARCHEOLOGIQUE ET HISTORIQUE DE BESSINES - MORTEROLLES
Si MONISMES m'était conté...
 
Ruines du Château de Monismes.Vers les années 1875, l'imposant château de MONISMES, avec son massif corps de logis et ses deux tours en poivrière disparut sous la pioche des démolisseurs, seule, une des tours était restée debout, mais, quelques années plus tard, celle-ci s'effondra en grande partie. La voici donc dressée devant nous dans le ciel de MONISMES, cette vieille demeure féodale reconstruite par notre imagination et par cette machine à explorer le temps qui se nomme l'HISTOIRE. En ce 13ème siècle féodal, le château de MONISMES était, comme ses pareils, une demeure forteresse bien peu confortable et sans doute l'était-il resté jusque là, vers ce milieu du 15ème siècle . C'est pourquoi, Jean de RAZES-MONISMES, qui venait d'épouser Souveraine de POMPADOUR en 1440, juge-t-il nécessaire de reconstruire et moderniser sa demeure toujours néanmoins féodale. Et voici la reconstitution écrite par le châtelain de VAUGUENIGE, Monsieur Roger du PUYTISON, gentilhomme campagnard et voisin de MONISMES. Le château de MONISMES dont les hautes toitures en poivrière couvertes en tuiles s'apercevaient de très loin, se composait d'un vaste corps de bâtiment flanqué à droite et à gauche de deux tours inégales. La tour septentrionale étant la plus importante. Il était entouré de douves alimentées par une source venant de la montagne voisine. La façade principale, au centre de laquelle se trouvait un superbe escalier d'honneur, était orientée vers le Nord. En avant, une grande vasque circulaire en granit était alimentée par un jet d'eau. Dans l'enceinte des fossés, à proximité de la façade principale s'élevait la chapelle (construite en 1739 par Jean BARBOU de MONISMES). Au Nord de cette enceinte se trouvait le parc : des terrasses surplombant la vallée égayée par plusieurs étangs, aujourd'hui desséchés, permettaient à la vue de s'étendre sur les lointains horizons du BERRY et du POITOU. De superbes sculptures taillées dans le granit ornées toutes les ouvertures. Une de ces splendides fenêtres de style gothique ogival, surmontée d'une énorme cordelière taillée dans le bloc, existe encore à BESSINES. Elle vient de MONISMES et donne une idée de la splendeur de cette demeure féodale .
Ruines du Château de Monismes.
La tour orientale, dont il ne reste aujourd'hui que des vestiges, contenait la bibliothèque du château, réputée pour une des plus importantes et des plus curieuses de la région. Nous pouvons penser, comme Monsieur Roger du PUYTISON que les maîtres de MONISMES, gentilshommes campagnards en LIMOUSIN, mais Seigneurs des Lettres à PARIS ne manquèrent pas de déposer dans leur manoir de province de nombreux et beaux ouvrages. Leurs devanciers en ces lieux s'en tenaient à des traités de Vénerie, d'Aviceptologie, aux almanachs : les BARBOU déposèrent sans doute à MONISMES de nombreux exemplaires de leurs doctes publications comme aussi quelques oeuvres des 17ème et 18ème siècles et Dieu sait s'il en paru de belles. En effet, c'est en 1734 que, ses affaires ayant rapidement prospéré, Jean-Benoît BARBOU acquit du Marquis de BETHUNE la propriété de MONISMES en LIMOUSIN. Il opéra d'importantes transformations au château et le modernisa sans lui ôter son caractère féodal avec douves et hautes tours en poivrière. Quant à la tour septentrionale, elle ne fut démolie que plus tard. Elle avait deux étages qui contenaient chacun deux chambres. Au dessus elle était couronnée d'une haute toiture qui s'élevait à huit mètres au dessus de la maçonne ce qui permettait au manoir d'être aperçu de toutes parts. Cette tour, qui baignait dans les douves, est encore conservée de nos jours dans toute sa partie inférieure.
Le célèbre imprimeur de PARIS, Jean BARBOU légua sa terre de MONISMES à son frère Jean BARBOU des COURRIERES, Seigneur de MONISMES et de BESSINES, trésorier des Ponts et Chaussées de la généralité de LIMOGES. Un de ces descendants resté célibataire vendit en 1788 la terre de MONISMES à Dame Léonarde de DOUHET, veuve de Messire Jean-Baptiste DORAT, Seigneur de FAUGERAS. Au 19ème siècle, MONISMES appartint à d'autres nobles familles : DORA de FAUGERAS, de ROCQUARD, de GARSIGNIES, qui s'y succédèrent par alliances matrimoniales. En 1860, Monsieur de GARSIGNIES vendit sa propriété à un marchand de biens. Ce jour-là, il signait l'arrêt de mort de l'importante demeure de MONISMES.
Quelques années après, la propriété fut vendue, morcelée, à des agriculteurs de la contrée et la démolition du château commencée.
 
Que reste-t-il aujourd'hui de MONISMES ?
 
Dans la décennie 1970 se constitua un " Groupe de Recherches Archéologiques et Historiques de BESSINES-MORTEROLLES ", qui entreprit la mise en valeur du site de MONISMES.
IL fallut d'abord dégager les restes de la tour et des fossés de l'envahissement des broussailles et de la végétation, puis déblayer les amas de terre et d'ordures qui remplissaient les fossés. Environ 3000 m3 ont été enlevés. Les fouilles mirent à jour des pierres, des sculptures qui n'avaient pas intéressé les démolisseurs en 1875, notamment des animaux d'un caractère étrange et archaïque et un dessus de porte où deux angelots soutiennent un blason mi-partie RAZES, mi-partie non déchiffrée .
Ruines du Château de Monismes.La rupture d'une canalisation d'eau amena la découverte d'un puits extrêmement curieux par ses dimensions exceptionnelles : 2 mètres de diamètre ! Le curage et le vidage révélèrent qu'il descend à 14 mètres sous la surface du sol creusé dans le granit. L'examen minutieux des terres enlevées firent découvrir de nombreux fragments de céramique du 16ème et 17ème siècle, quatre pièces de monnaie des 14ème et 15ème , une magnifique fourchette en argent aux armes des BARBOU, et surtout, dans le fond on retrouva le treuil et sa manivelle, et de nombreux objets : burins, chandeliers, etc...
Les parois furent consolidées, et la margelle reconstituée, le système de treuil sera prochainement restauré.
Le site, maintenant propriété de la commune, est aujourd'hui inscrit comme Monument Historique, ce qui permettra d'ultérieures campagnes de travaux.
Nous pourrons fièrement faire visiter les douves, les restes non négligeables de la tour, le puits et la salle voûtée où sont entreposées les pierres sculptées découvertes tout au long des fouilles.
Notre espoir et notre confiance en l'avenir nous font souhaiter une recrudescence d'intérêt et de curiosité pour notre Château historique.
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